Des roucoulements de pigeons sur fond de bruits urbains, une pièce grise sans fenêtre équipée de quatre ordinateurs, quatre compartiments remplis de popcorn et de bonbons colorés, quatre bouteilles à l'envers avec pipettes, quatre téléphones fixes. Cet espace, qui ressemble à une cage, serait habité par la femme, l'homme, la fille et le fils. Le Puzzle peut alors se monter: celui de la tragédie comique qu'est la famille d'aujourd'hui où, au royaume de la consommation et de la non-communication, chaque membre se regarde le nombril pour tenter de survivre.

"Il fallait non pas cacher les ficelles, mais les rendre plus visibles encore, délibérément évidentes, aller à fond dans le grotesque, la caricature, au-delà de la pâle ironie des spirituelles comédies de salon. Pas de comédies de salon, mais la farce, la charge parodique extrême. Humour, oui, mais avec les moyens du burlesque. Un comique dur, sans finesse, excessif. Pas de comédies dramatiques, non plus. Mais revenir à l'insoutenable. Pousser tout au paroxysme, là où sont les sources du tragique. Faire un théâtre de violence: violemment comique et violemment dramatique (...)" 
Eugène Ionesco (Notes et contre-notes)

Pièce en deux actes. Les personnages :
- L'HOMME (le père) quarante cinq ans (Acte 1)-cinquante cinq ans (Acte 2)
- LA FEMME (la mère), quarante ans (Acte 1)-cinquante ans (Acte 2)
- LA FILLE la vingtaine (Acte 1), la trentaine (Acte 2). Une beauté vulgaire.
- LE FILS, la vingtaine (Acte 1), la trentaine (Acte 2)

Au commencement, il y a cette lecture de quelques lignes dans un journal. Il était écrit qu'une femme avait quitté l'homme de sa vie, après 20 ans de vie commune, ... par SMS ! Elle "larguait" son mec comme un mouchoir usagé... pour pouvoir consommer "en solo". Dans ce fait divers, la réalité inhumaine dépassait,  de loin, la fiction.  Un choc.
J'en ai déduis, à ce moment précis, qu'il y avait urgence à écrire sur la surconsommation de tout et n'importe quoi,  l'individualisme effréné, la dictature de l'image, le manque de communication, l'absence d'amour...  sur la transmission... qu'il y avait urgence, au coeur de nos sociétés occidentales, à brandir un miroir comme un ultime geste désespéré pour conjurer le sort !
J'ai ainsi imaginé que l'on pénètre l'intimité d'une cellule familiale, où le culte du "moi", de l'enfant roi et du tout à l'égo, est devenu la pierre angulaire d'un système fermé sur lui-même, un système étrange et inquiétant. JML
                                                                                                                
Collection théâtrale. ETGSO. Volume 24 avec:  "La Baignoire de l'Oubli" de Joël Contival, "Good bye Mister Bligh" de Thierry Rousselet, "Adieux, mort prochaine" de Alain Tronchot et  "Moi le mot..". de Matei Visniec.

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